Julien Chabot est illustrateur, il a 28 ans et vit à Paris.Avant d’être illustrateur il a alterné entre la presse à un poste de rédacteur, l’édition comme assistant commercial et le cinéma comme ouvreur. Il a également travaillé pour une grande compagnie de vêtements en tant que vendeur, mais lorsque les clients arrivaient il se cachait. Comme les vendeurs étaient récompensés au nombre d’articles vendus (chacun avait des gommettes de couleur qu’ils collaient sur les étiquettes), Julien – qui devait coller cinq gommettes dans le mois – ne fut pas gardé. Ca lui est arrivé aussi de travailler comme caissier dans un supermarché. Le premier jour, son responsable est passé lui dire au revoir. Julien tenait une salade, le responsable lui a tendu la main alors Julien lui a tendu la salade.
Sinon Julien a été un peu étudiant, il allait à Nanterre à des cours de littérature. Il y allait en RER le matin et il aimait bien revenir par le train. Il passait par Bécon–Les-Bruyères, Asnières-sur-Seine, Pont Cardinet… et arrivait à Saint-Lazare. Il aimait ce trajet parce qu’il voyait un peu de campagne. Ce qui lui plaisait surtout beaucoup, c’était la verdure sur les rails. Et comme il étudiait le Symbolisme et qu’il arrivait à Paris rue de Rome dans la rue de Mallarmé, il avait l’impression de voyager dans le temps. Et puis c’était pas encore les heures de pointe donc les wagons étaient vides et il se laissait aller à la rêverie.
Petit, il a créé les personnages de BD Smark Blue et Jerry Kelling, deux flics à Los Angeles. Smark avait une cicatrice sur la joue et une main artificielle, Jerry lui était juste Australien. Il y a eu douze épisodes. Adolescent il s’est mis à dessiner des toits. Ce qu’il aimait c’était créer un sentiment de cimes à perte de vue et aussi faire la lumière des cours intérieures. Il montait souvent sur le toit d’un de ses amis, on voyait Beaubourg là-bas et Montmartre juste là. Ensuite il ne s’est rien passé. Puis il s’est remis à dessiner, avec plus de couleurs. Il a montré son travail à des éditeurs qui ont bien aimé et il leur a fait des couvertures. Et puis il y en a un qui lui a demandé s’il avait un site internet. Il n’en avait pas mais il s’est dit pourquoi pas. Alors il en a fait un.
Et il en est là.